Un manifeste politico-social moderne et poétique qui dénonce les injustices liées aux noirs tout autant que la politique menée par Donald Trump et notamment lors de la gestion de la crise du Covid : voici Sault, groupe mystérieux (très peu d’informations circulent sur eux si ce n’est qu’ils nous viennent de Londres !) et qui propose sur leur troisième album, Untitled (Black is), ce pamphlet soulful entre ESG, Jungle et R&B alternatif.
Riche de nombreuses influences musicales et porté par une basse à vous obnubiler, ce double album résonne amèrement dans la lourde actualité de cette étonnante année 2020. Mais même s’ils enfilent des gants de boxe sur des titres clairement dénonciateurs tels "stop dem", "don’t shoot guns down", "why we cry why we die", "Monsters", ceux-ci peuvent également être de velours sur les apaisants "Miracles", "Eternal life" ou "Pray up stay up".
Ponctué de nombreux interludes aux messages aussi militants ("X") que pacifiques ("Black is"), l’auditeur navigue sur des mers aux teintes aussi différentes les unes que les autres : de "Hard life" et son gospel/trip-hop à "Why we cry why we die" qui se situe entre le militantisme d’un Damon Locks et la pop délicate d’un Warpaint ou bien encore direction l’Afrique avec Michael Kinawuka sur le titre "Bow". Dense, original, intelligent et surtout d’une grande beauté, Sault nous gratifie d’un superbe album qui perpétue la tradition des disques engagés à l’instar d’un Gil Scott-Heron ou du groupe The Last Poets et pour ça, plus qu’un pouce, c’est un poing levé.
Chronique proposée par Steven Floc’h de l’émission TRANS VINYL EXPRESS.
Titres :
– Out the lies
– Stop dem
– Hard life
– Don’t shoot guns down
– Wildfires
– X
– Sorry ain’t enough
– Black is
– Bow feat. Michael Kinawuka
– This generation feat. Laurette Josiah
– Why we cry why we die
– Black
– US
– Eternal life
– Only synth in church
– Monsters
– June child
– Miracles
– Hold me
– Pray up stay up
