Par le collectif des Petits Metalleux. Merci à Branwenn photographie pour les clichés !
A peine commencé, c’est déjà fini ! Le Motocultor 2024 a fermé ses portes sur un bilan largement positif. 56000 festivaliers étaient présents sur les quatre jours, aussi le record de 2023 est égalé. Le site autorise encore de grosses marges de progression, le budget serait à priori équilibré, l’ambiance était au top, et cerise sur le gâteau : l’annonce des premiers groupes pour l’année prochaine a été publiée. Et quelle annonce ! La bande de Rob FLYNN, Machinehead, présente dans le KREIZH BREIZH ! DIMMU BORGIR qui jouera à CARHAIX ! Avant d’y croire, il a fallu vérifier que personne n’avait jeté un produit bizarre dans mon gobelet ! Revenons donc sur ces quatre jours de folie.
Les Petits Metaleux ont arpenté la plaine de Kerampuilh pour un weekend prolongé entièrement dédié au Metal. Du pur bonheur à quelques kilomètres de chez soi, que demander de mieux ! La programmation de jeudi était plus éclectique que celle des jours suivants. Elle a mêlé des sonorités plus traditionnelles, notamment par Alan STYVELL, à d’autres groupes venus puiser dans les origines de notre style musical à l’instar de MAGMA (finalement annulé) ou d’ANGE. MOUNDRAG, DEWOLLF ou encore EMMA RUTH RUNDLE peuvent symboliser la continuité de Hard ROCK, tandis que VENOM rappelait la transformation de celui-ci à la fin des années 70.
Le symbole était joli, mais un festival ne peut pas uniquement se construire sur du symbolique ! Pour ceux qui seraient peu sensibles à la fibre nostalgique, le MOTOCULTOR avait prévu un programme plus énergisant, assez alléchant, en ce jeudi de l’Assomption. Pour s’élever littéralement et métaphoriquement au-dessus des foules, réveiller le Metaleux qui est en nous, il suffisait de changer de scène pour aller voir HAVOK, CROWNSHIFT, KVERLERTAK ou encore SACRAMENTUM.
Le point noir de cette journée comme du reste du weekend restera la poussière dégagée par le pit sous la MASSEY FERGUSCENE et la BRUCE DICKINSCENE malgré les diverses averses, bruines, humidités épaisses ou autres petits crachins de la journée. En sortant des pogos, nos gorges étaient bien sèches ! Mais pour y remédier, le MOTOCULTOR a remplacé l’infâme 8.6 de 2023 par des bières Bretonnes aussi rafraîchissantes que bienvenues.
Le vendredi a commencé sous des auspices à peine plus cléments ! Il était certes plus facile de s’asseoir pour manger en gardant son fessier relativement au sec, toutefois la météo n’était pas propice à générer une grande consommation de boisson à base de houblon ! Rassurez-vous, pas de quoi faire reculer un Petit Metaleux ! Et comme pour le jeudi, la programmation de la journée a été très variée. LES COMPAGNONS DU GRAS JAMBON, WIDILMA et FAUN ont apporté une touche folk bienvenue. Et finalement ce genre fini par rentrer dans l’univers Metal et y trouver sa place.
La programmation de ce vendredi nous a également permis de voir KK’S DOWNING à l’œuvre, avec KK’S PRIEST. Un bon spectacle qu’aura toutefois éclipsé le concert phénoménal d’INFECTED RAIN. Programmés en début d’après-midi, les Moldaves ne devraient pas tarder à grimper dans la grille horaire. Deuxième coup de cœur obligé, MYRATH a dédié une chanson à nos petits Metaleux !
A signaler également que 1914 a réussi à se produire, après plusieurs années d’annulations suite au conflit en UKRAINE. Leur concert a été très bien accueilli, et tout aussi bien exécuté ! A noter les messages pro UKRAINE passer entre les morceaux. Et c’est bien de ne pas oublier que pour que nous puissions écouter des musiques que le régime de MOSCOU commence à honnir, des centaines de milliers, des millions d’Ukrainiens souffrent au quotidien.
Et c’est un samedi bien chargé que nous avons entamé relativement tôt ! RUYYN a livré un concert au son aussi léché que son album avant que nous ne le rencontrions. L’occasion était trop belle pour parler de l’univers dystopique de ses albums et de son approche de la musique. Vous pouvez écouter l’interview ici :
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En fin d’après-midi, c’est un premier groupe Brésilien qui a mis le feu à la suppositor stage. Un groupe 100% féminin qui plus est ! CRYPTA joue un thrash classique mais on ne peut plus efficace, et leur jeu de scène est parfait pour chauffer un public qui n’attendait que ça.
Autre groupe porté par une femme, JINJER a explosé la Dave MUSTAGE sur les coups des 21 heures. Difficile de digérer son repas dans ces conditions car le Pit est immédiatement rentrer en effervescence dès les premières notes. A la différence de 1914, JINJER a parlé de l’UKRAINE en des termes moins guerriers et politiques. C’est la première fois que nous avions l’occasion de les voir, leur prestation a été à la hauteur de nos attentes ! Ce n’est vraiment pas un hasard si ce groupe est en pleine ascension. Toutes proportions gardées, JINJER est un peu comme METALLICA qui avait accédé à la notoriété avec Nothing Else Matter. Leur vidéo de PIESCES leur a permis de percer et ils ont su gravir les échelons.
Il a fallu un peu de temps aux plus anciens des Petits Metaleux pour se remettre de ces émotions ponctuées d’activités physiques soutenues ! Mais le plus dur restait à venir… car le légendaire Max CAVALERA s’est produit sous la MASSEY FERGUSSEN aux alentours de minuits. Si les pits devants les scènes ouvertes offrent une multitude de sorties, l’installation sous chapiteau condense les mouvements et la foules dans un chaudron plus restreint et plus explosif ! Une vraie cocotte-minute, le piton de la fournaise juste avant le drame ! La poussière s’est élevée, mêlée aux litres de sueurs qui se sont évaporés. Difficile de dire sur ce concert qui du public ou du groupe a été le meilleur, le match a été serré. Et comme nous sommes joueurs et rêveurs, nous mettons une pièce sur un passage de Max et Igor avec SEPULTURA l’année prochaine pour la tournée d’adieux ! Ou avec un peu plus de probabilités de les voir réunis dans NAILBOMB !
Comme pour tout festival, le dimanche est arrivé avant que nous n’ayons compris que le weekend avait commencé. Le programme dominical était encore chargé, le running-order alléchant. Pour lancer les hostilités, le MOTOCULTOR a programmé BLACK BILE, un excellent groupe LORIENTAIS. Au-delà de la musique, BLACK BILE est conçu comme une synthèse entre le visuel, la chorégraphie et un univers musical post Metal. Nous avons pu échanger avec le groupe sur leur vision de l’art notamment. L’interview est à retrouver ici :
Surveillez les événements locaux, ce groupe se produira encore surement localement mais leur notoriété ne peut que monter rapidement !
Les groupes se sont enchainés dans la journée, laissant monter la pression jusqu’à la prestation de ROTTING CHRIST. La musique des Grecques est difficilement qualifiable. Comme pour beaucoup de groupes de Metal en fait, je dirai donc qu’ils jouent du ROTTING CHRIST. Leur univers est très accrocheur. C’est un voyage onirique qu’ils proposent, une expérience sonore qui vous plonge dans un voyage intérieur. Qu’en ressortira-t-il ? Exactement comme pour BLACK BILE, c’est vraiment personnel. Cette musique est une sorte de catharsis qui va libérer un flot d’émotions, de réflexions, de sentiments. Plus que de la musique, ces deux groupes sont une sorte de thérapie ! Fini les factures délirantes des psychiatres, docteurs Folamour du cerveau dont le seul but est de vous faire revenir pour vous allonger dans leurs canapé POLTRON ET SOFA. A la place, écoutez BLACK BILE et ROTTING CHRIST, les Artigiani della qualità. Et voilà !
Le MOTOCULTOR a définitivement pris ses quartiers à CARHAIX. Les groupes annoncés pour l’édition 2025 laissent à penser que le festival va sans doute essayer de monter en gamme. Le site de CARHAIX permet largement d’amortir cela. La densité de spectateurs dans sa configuration actuelle est très confortable. Il est toutefois possible de la garder en déplaçant le camping. Est-ce ce qui est prévu ? Réponse en 2025 ! Entre temps, prenez vos billets pour encourager l’équipe a continuer de nous ramener des gros poissons dans ses filets !